La fiction officielle :
- Une migration en mer avec ponte dans la mer des Sargasses (entre Les Bermudes, La Floride et Cuba).
La réalité :
- Une fraye de nos anguilles européennes dans les estuaires marins de nos rivières et fleuves côtiers, en milieu salé et à une température ≥ 20° Celsius.
Les preuves :
- La présence dans l'abdomen de quelques œufs non expulsés après la ponte, d'anguilles femelles pêchées sur les vasières côtières.
- La découverte d'un leptocéphale nouveau-né dans ma claire à anguilles près de Marennes.
- La découverte, par deux fois, d'une frayère importante à l'Ile d'Oléron en avril 2011, à une température de 22 degrés Celsius et une salinité de 35 grammes au litre.
Cette étude m'a amené à confirmer que la thèse officiellement admise de Schmidt est fausse et sans fondement.
Cette dernière considère que la reproduction des anguilles européennes (Anguilla Anguilla) et américaines (Anguilla Rostrata) a lieu conjointement dans la mer des Sargasses, ce qui me paraît matériellement impossible.
Pour moi, les leptocéphales recueillis dans la mer des Sargasses par Schmidt vers 1920 et plus tard, étaient en majorité des larves erratiques d'anguilles tropicales, et particulièrement des anguilles dites de Cuba – plus petites que les nôtres.
Ces larves avaient comme lieu d'origine majoritaire les mangroves des côtes de Cuba, de Floride et du Golfe du Mexique.
Elles avaient été amenées dans ce vaste tourbillon des Sargasses par les cyclones de fin d'été, habituels dans ces régions, comme les jeunes tortues venant des côtes de la Floride – après éclosion dans les dunes côtières.
J'ai la certitude qu'il est impossible aux anguilles reproductrices d'Europe ou d'Amérique du Nord de traverser l'océan Atlantique – pour des raisons de distance, de température, de pression et de la physiologie même de ces poissons (valve branchiale).
J'ai aussi la conviction que les larves, sous forme de leptocéphales, seraient incapables de faire la traversée de l'Atlantique, en sens inverse (Ouest – Est), que ce soit en surface, ou en profondeur.
J'en ai donné les diverses raisons (nageoires rudimentaires, nage réduite en position exclusivement verticale, pas de sang, pas de branchies, pas de vessie natatoire).
De plus, un tel voyage n'aurait biologiquement aucun sens, aucune raison d'être.
Adopter, et soutenir la théorie des Sargasses, me semble une absurdité, et je ne crains pas de le dire, et de l'écrire – malgré le tabou de la majorité des scientifiques officiels spécialisés, toujours obnubilés par l'hypothèse de Schmidt et le tintamarre médiatique qu'elle a suscité.
Parmi les autres grosses erreurs éditées et enseignées, je relève les suivantes :
- Contrairement à ce qui est habituellement écrit, l'anguille européenne n'est pas un poisson pélagique, c'est-à-dire un poisson de haute mer. Elle ne l'est ni sous sa forme larvaire ni sous sa forme adulte.
C'est au contraire un poisson benthique, un poisson de fond et plus particulièrement un poisson très lucifuge de vasières.
- La seule migration qu'il effectue est une migration de la zone côtière, vers l'amont des fleuves et rivières d'eau douce du continent puis la dévalaison lors de son retour à la côte.
Ce séjour de plusieurs années en eau douce tempérée, lui permet une forte croissance physique, accroît sa longévité et retarde sa maturité sexuelle.
L'anguille adulte argentée revenue en mer séjourne à l'embouchure de son estuaire de rivière ou de fleuve et ne va pas en haute mer.
Elle y vit essentiellement dans la zone du bouchon vaseux qui s'y trouve, zone éminemment riche en éléments nutritifs (comme les mangroves en milieu tropical) du fait de la floculation des éléments minéraux et de la nécromasse, phénomène dû à la rencontre des deux masses d'eau, salée et douce, provoquant une formidable mortalité du plancton (zoo et phyto) et une réaction physico-chimique déclenchant un précipité des éléments minéraux.
Après avoir passé un hiver en eau saumâtre, la plupart des anguilles (mais pas toutes, loin s'en faut) s'apprêtent à la reproduction lors de l'élévation de la température vers 20 degrés Celsius et plus en été.
C'est celle-ci qui va activer la production des hormones sexuelles, lesquelles vont provoquer un rapide et important développement des gonades.
Comme chez la plupart des poissons, leur croissance et leur évolution se réalisent très rapidement (autour de trois semaines) mais elles peuvent s'arrêter net si la température est trop basse et ainsi sauter une année.
Il faut aussi que la salinité moyenne de l'eau submergeant la vase recherchée par les anguilles fasse 32 à 35 grammes pour 1000 (30 grammes me semble être l'extrême limite basse).
Je parle des anguilles de la côte atlantique car chaque espèce d'anguilles comprend plusieurs souches quelque peu différentes dont les besoins sont également différents.
Si tout se déroule normalement, les femelles vont quitter le fond du « couraud » principal qu'elles occupaient pour aller sur les vasières latérales en zone plus salée ou dans un chenal vaseux et salé.
Elles vont y creuser leurs terriers, si ce n'est déjà fait et vont y recevoir les jeunes et vieux mâles lesquels sont aussi en développement sexuel.
La ponte et la fécondation auront donc lieu normalement de juillet à août selon la météo locale et seront d'autant plus importantes que la température de l'eau montera (maximum : 25° C).
Les œufs resteront enfoncés dans la vase très nutritive et les anguilles quitteront alors, après la ponte, les vasières pour déambuler dans et autour du « couraud » (ou « filière » en Bretagne) à la recherche de nourriture (crevettes, petits crabes, alevins…). Seules les plus âgées mourront (ce sont celles que rencontrent les marins côtiers par été chaud à l'état de cadavres).
Après quelques semaines, les œufs fécondés puis embryonnés (très petits et très nombreux) écloront pour donner des larves minuscules (d'une longueur inférieure au millimètre) transparentes et qui resteront sur place.
Au bout d'une vingtaine de jours, à une température qui aura chuté (à 20 puis à 15° C en octobre), celles ci deviendront des leptocéphales bien cachés dans les profondeurs des vasières plus chaudes que l'eau et surtout sans grosse variation thermique et inaccessibles pour l'homme, d'où le mystère apparent du leptocéphale.
Le leptocéphale :
Personnellement j'ai d'abord observé des leptocéphales en photographie.
Je me base pour les décrire sur les exposés qui ont été faits par divers chercheurs scientifiques sur des individus isolés, récoltés dans l'océan Atlantique, lesquels me paraissent n'être que des éléments égarés et emportés par les courants marins ou obtenus en aquarium d'eau salée et chauffée après injection d'hormones sexuelles.
Je relève les principales précisions apportées concernant ces larves :
- leurs nageoires impaires sont rudimentaires
- le fait que les leptocéphales ne peuvent se déplacer que verticalement et non de façon longitudinale (à cause du seul développement des pectorales pédonculées et à mouvement rotatif)
- leur vue est très restreinte et seulement nocturne (récepteurs rétiniens en bâtonnets)
- l'absence de système circulatoire donc de sang et d'hémoglobine
- l'absence d'organisation cellulaire du corps au profit d'un magma mucilagineux (donc peu de musculature ambulatoire)
- la présence de quelques dents dirigées vers l'avant et formées en genre de pioches
- le tube digestif simple mais produisant de la trypsine, donc apte à digérer les protéines ingérées
- l'absence de système respiratoire remplacé par une respiration transcutanée très primitive et toute simple, laquelle persistera chez la pibale puis ensuite chez l'anguille adulte en fonctionnant de pair avec la respiration branchiale, et aussi bien dans l'eau que dans l'air humide.
Ces précisions anatomiques et physiologiques ont été apportées, exprimées et imprimées par des chercheurs scientifiques professionnels spécialisés dans l'étude de l'anguille.
Toutes ces constatations anatomiques et physiologiques m'amènent à des conclusions tout à fait opposées à la thèse de Schmidt dite des Sargasses, laquelle a été reprise et acceptée par tout le corps scientifique spécialisé international occidental.
Il est évident, et toutes ces constatations le prouvent d'une façon très nette, que cette larve serait absolument incapable de tracer sa route maritime du centre de la mer tropicale des Sargasses jusqu'à La Rochelle et ses environs, soit sur une distance d'environ 8000 kms !
J'en conclus donc, que les larves issues des œufs fécondés de l'anguille déposés dans sa caverne vaseuse, sur les bords du « couraud » ou « filière » ou « chenal », restent sur place.
Elles sont enfouies dans cette vase très nutritive du « bouchon vaseux ».
La nécromasse environnante servira de nourriture dominante aux larves leptocéphales, qui en décrocheront grâce à leurs dents pointues et dirigées en dehors de la bouche, des particules dont elles absorberont les éléments organiques et minéraux et en utiliseront la fraction digestible (ce sont des détritivores).
Ce leptocéphale va décider de naître de son œuf en général vers la fin septembre, voire tout début octobre.
Dès ce moment, démarrant d'une taille minuscule, il est à peu près invisible, notamment dans la vase noire déposée dans les bancs qui se situent assez loin en mer (quelques 3 à 4 kms de l'embouchure sur les côtes plates).
Les leptocéphales seront donc présents au large des côtes, dans les vasières, soit découvrant à peine à basse mer, soit ne découvrant pas du tout. Au départ, ils ne font guère plus d'un millimètre.
En fin octobre, par temps doux, ils font à peine 2 millimètres. C'est à cette époque que j'ai trouvé mon premier leptocéphale au cours d'un examen microscopique optique d'algues filamenteuses avec grossissement de l'oculaire de 10X et d'objectif également 10X.
La vivacité de l'animal, l'excès d'eau que j'avais sur ma lame, ne m'ont pas permis de l'observer longuement ni de le photographier.
Mais il était très net.
Si je n'ai pas vu la partie antérieure du corps qui était déjà sortie du champ microscopique, j'ai parfaitement vu la partie postérieure :
Queue avec petite nageoire rouge orange battant vivement de façon ondulatoire, pas de vaisseaux sanguins, pas de vertèbres, mais une structure anguilliforme, un intérieur du corps gris (semblant de structure striée), une ondulation permanente et très forte.
On peut conclure de cette présence et de cette description, qu'il s'agissait d'un leptocéphale et non d'un petit nématode qui ne possède pas ce genre de mouvement ondulatoire et qui n'est pas transparent.
Alors, d'où provenait ce leptocéphale ?
La réponse est simple, il venait de la reproduction d'une de mes anguilles.
Si par cas et malgré le filtre très fin dont est dotée la vanne il venait de l'extérieur, ce ne serait pas de la mer des Sargasses mais d'un canal de Marennes.
Il était trop petit et trop jeune pour avoir pu traverser l'Atlantique.
Ce fait réel est la preuve que le leptocéphale était bien né sur place dans la claire.
Ce qui a pu limiter au maximum la reproduction de mes anguilles, c'est surtout la variabilité de la salinité qui a du être un inconvénient grave.
C'est vraisemblablement le gros défaut de mon système de claire expérimentale, en plus du manque de courant électrique, ce qui ne m'a pas permis d'oxygéner l'eau.
En réalité, au bout du premier printemps, le leptocéphale commence juste à avoir une bonne croissance. Cela va perdurer jusqu'en fin septembre et ce n'est que la deuxième année, soit au second printemps et été que la larve va subir un gros développement.
Alors, au deuxième automne, elle pourra, mesurant une dizaine de centimètres de long, se développer vers la forme et la physiologie d'une pibale, donc in fine d'une véritable anguille.
De toute cette étude sur le terrain, c'est-à-dire dans l'eau boueuse, dans la vase, en mer, sur les côtes, deux faits ressortent avec beaucoup d'acuité :
1) Le premier, datant du début août 2006 (les 4 et 5 août), m'a donné l'occasion d'autopsier quatre anguilles ayant récemment pondu et m'ayant permis de voir dans leur oviducte, quelques œufs non évacués et œdémateux, donc beaucoup plus gros que des œufs pondus normalement.
A titre de comparaison, chez la truite dont nous connaissons beaucoup mieux la physiologie que celle de l'anguille, il est courant de détecter chez la femelle qui vient de pondre, quelques œufs non évacués qui restent dans la cavité abdominale quelque temps.
Ces œufs sont œdémateux et finissent par être totalement résorbés.
Les pisciculteurs qui font de la reproduction connaissent tous cette particularité.
Par conséquent, trouver quelques œufs non évacués dans l'abdomen de l'anguille est la preuve formelle et non discutable d'une ponte récente.
Donc je peux affirmer que les anguilles pondent au fond de leurs terriers dans les vasières de la côte.
C'est un fait prouvé et les quatre anguilles en question contenant encore quelques œufs non expulsés venaient du banc dit « Bourgeois » situé entre Marennes et l'Ile d'Oléron à hauteur de la pointe nommée « Pointe de Manson » au large de « La Beurette ».
2) J'ai trouvé dans notre claire expérimentale, à Marennes, sur des vasières, un leptocéphale très jeune pêché le 30 octobre 2009, dans un prélèvement d'eau réalisé dans une bouteille de plastique avec des algues et examiné le samedi 31 octobre à 16 heures.
Ce leptocéphale, jeune et sauvage, est la seconde preuve que, pour ce qui est de l'anguille de l'Atlantique, la reproduction se fait sur les côtes charentaises et que la naissance des leptocéphales a lieu vers la fin septembre, en temps ordinaire.
Rien à voir avec la mer des Sargasses dans laquelle, malgré toutes les recherches, il n'a jamais été trouvé ni anguille, ni pibale, ni un seul œuf d'anguille.
On peut avoir d'autres avis sur la reproduction de l'anguille, mais on ne peut mettre en doute les deux observations citées et que je rappelle.
- La présence d'anguilles qui viennent de pondre sur les côtes charentaises
- et la trouvaille d'un premier leptocéphale, jeune et sauvage, dans une claire contenant une centaine d'anguilles reproductrices.
De telles observations devraient pour le moins donner à réfléchir même au plus conservateur des chercheurs.
D'autre part, on ne s'étonnera pas que le leptocéphale demande une forte salinité puisqu'il a été démontré que sa composition osmotique est très proche de celle de l'eau de mer – ce qui lui permet de vivre dans des conditions difficiles sans perte exagérée d'énergie – or l'énergie sur terre et dans l'Univers est le gros problème de l'être vivant.
La découverte d'un leptocéphale nouveau-né, dans la claire expérimentale de Marennes, est un évènement de première importance dans la démonstration que je recherche depuis plusieurs années de l'existence d'une reproduction des anguilles sur les côtes européennes.
Mais, elle pêche par un point ;
« Comment se fait-il que vous n'avez trouvé qu'un leptocéphale comme ces chercheurs qui n'ont trouvé de par l'immensité de l'Atlantique, que quelques individus et non pas des colonies en voie de migration ? ».
Tel est l'argument qu'on pourrait m'opposer.
Il ne m'a pas échappé et je vais y répondre.
Lorsque le samedi 31 octobre 2009 à 16 heures j'ai examiné ce leptocéphale nouveau-né, sur un brin d'algue, faisant partie d'un prélèvement d'eau de ma claire expérimentale, il s'agissait, je le précise, de mon premier examen de la journée.
Ma réaction fut bien sûr de vouloir faire d'autres examens d'eau prélevée dans cette bouteille de plastique et provenant de ma claire (eau saumâtre avec beaucoup d'algues marines).
Ayant trouvé dès le départ un leptocéphale, j'avais tout lieu de croire que cette bouteille en contenait une grande quantité.
Or il se trouve, qu'en cette soirée du samedi 31 octobre, j'étais seul à la maison, faisant ces examens sans aucune assistance.
Il se trouve aussi, qu'à ce même moment de première importance pour moi, je fus pris d'un malaise étrange, m'enlevant subitement toute force sans toutefois perdre connaissance – je me trouvais brutalement dans un état second avec une perte totale d'énergie, dans l'incapacité complète de réaliser une activité quelconque.
C'était, je l'appris par la suite, ma première crise d'arythmie cardiaque due à un dysfonctionnement du cœur.
Cet état pathologique consécutif à mon âge (soit 90 ans à l'époque), me mit ce samedi soir hors circuit de façon tout à fait inopportune.
Le lendemain matin, mes soucis de santé ayant disparu, je voulus reprendre mes examens, mais stupeur, entre-temps le ménage avait été fait et mes prélèvements d'eau avaient disparu.
L'expérience était terminée.
Par la suite, la salinité de ma claire diminua, puis le taux d'oxygène nocturne descendit en tendant vers zéro.
Mes pensionnaires n'apprécièrent nullement ces variations et s'enfuirent en traversant le chemin pour rejoindre l'eau marine.
Ainsi se termina mon expérimentation dans un bassin d'eau saumâtre non connecté au réseau électrique et donc plus difficile à gérer.
Voilà donc, pour le leptocéphale nouveau-né, l'explication de la non reproduction de mon expérimentation.
La pibale :
Au bout d'un an et demi à deux ans, cette larve leptocéphale, toujours enfouie dans sa vasière, en toute discrétion, et n'ayant que très peu bougé par rapport au lieu de ponte, va se livrer à une nouvelle métamorphose, laquelle durera environ un mois, dans l'immobilité.
Pour fixer les idées dans le temps, prenons le cas des anguilles de la côte Ouest atlantique.
Elles vont pondre début août 2008.
L'éclosion des œufs aura lieu en septembre 2008.
D'octobre 2008 à août 2009, les leptocéphales, petits et vigoureux, vont se développer dans les algues de l'intérieur des vasières sur la côte dans une eau à plus de 30 grammes de salinité pour 1000.
Vers le mois de septembre 2010, la métamorphose va commencer pour se prolonger jusqu'à la fin d'octobre 2010.
Dès lors, commenceront d'apparaître les premières pibales qui poursuivront leur transformation.
Mais le calendrier est très élastique et peut s'échelonner d'octobre sur les côtes marocaines, à avril en Vendée, et en juin dans La Manche
Cette métamorphose représente une grosse transformation anatomique, morphologique et physiologique, de larve rubanée en larve cylindrique serpentiforme. La forme rubanée permet à la première larve de mieux pénétrer la vase liquide. La forme cylindrique donne à la seconde la force musculaire pour favoriser ses déplacements à contre courant.
Seule la queue n'est pas touchée par cette métamorphose, elle reste structurée sur un plan vertical.
Tout le reste du corps est transformé.
Il prend une organisation cellulaire supérieure.
Le système digestif se modifie.
Les dents pioches tombent et sont remplacées par des bourgeons qui donneront plus tard les dents en aiguilles de l'anguille.
Les récepteurs de la rétine, qui au stade leptocéphale étaient composés uniquement de cellules en bâtonnets qui faisaient du leptocéphale un pur nyctalope, sont remplacés par des cellules en cônes donnant une meilleure vision diurne.
Les nageoires de rudimentaires deviennent fonctionnelles et permettent à la nouvelle larve, cette fois, de migrer grâce à une nage énergique et horizontale.
L'appareil circulatoire se met en place et l'on distingue à travers un corps encore transparent, un cœur qui bat au rythme de 36 pulsations à la minute et une artère longitudinale qui bientôt véhiculera du sang et des hématies avec de l'hémoglobine. On verra aussi des capillaires et enfin une veine accolée à l'artère principale.
Cette présence d'hémoglobine permettra l'apparition d'un système respiratoire branchial, lequel demandera quelques mois pour se développer complètement.
Il faut noter toutefois que le mode respiratoire primitif transcutané persistera, y compris au stade adulte, ce qui fera de l'anguille un être presque amphibien car capable de vivre momentanément hors d'eau, en milieu humide et frais.
Il n'est d'ailleurs pas impossible que la respiration transcutanée qui persiste continuellement s'adresse davantage à la musculature dorsale et caudale tandis que la respiration branchiale concerne plutôt les organes abdominaux (foie, rate, pancréas, intestin, organes sexuels).
Je précise que cet échange gazeux transcutané ne s'exerce pas par toute la surface de la peau.
La partie supéro-latérale du corps de l'anguille qui se pigmente à partir du stade très jeune pibale est épaisse et imperméable aux gaz.
Seule la partie située en dessous de la ligne latérale reste suffisamment fine pour pouvoir respirer – c'est cette zone qui devient argentée chez l'adulte et c'est elle seule qui respire, tant dans l'eau que dans l'air humide. C'est cette particularité qui explique la mort rapide dans les transports, d'anguilles mises dans des récipients contenant une faible épaisseur d'eau (1/2 à 1cm) se polluant très vite et empêchant la respiration ventrale transcutanée.
Parallèlement, un système nerveux complexe et décentralisé s'installera permettant à la jeune anguille, non seulement de se déplacer mais surtout de prendre conscience du monde extérieur pour mieux assurer sa survie.
Elle va descendre petit à petit les ruisselets qui se forment dans les vasières et les mizottes, à basse mer ou naviguer « à la vague » si elle a raté l'estuaire étroit comme dans les Landes.
De jour elle va de nouveau s'envaser et attendre la prochaine nuitée.
Elle va progressivement se retrouver avec un nombre croissant de compagnes issues des mêmes pontes et c'est finalement toute une colonie qui va atteindre le « couraud » principal.
Alors nombreuses, les pibales transparentes et juste émergées, vont former un long cordon composé de milliers d'individus. Ceux-ci sont guidés par la détection d'une eau saumâtre, moins salée que l'eau de mer
De nuit, poussé par la marée montante, tout ce cordon grouillant de vie, émoustillé par le courant va bénéficier des toutes nouvelles nageoires des pibales et de leur énergie pour se ruer vers l'estuaire d'eau douce.
Ces pibales encore transparentes, prises d'une véritable frénésie vont nager de toute leur puissance vers l'embouchure du fleuve ou de la rivière d'où venaient leurs pères et mères.
Elles vont le faire selon la force du courant et donc de la marée à la vitesse de un à trois kilomètres/heure et ce, environ deux heures de suite.
Alors épuisées, elles s'arrêteront et toutes ensemble s'envaseront à quelques centimètres de profondeur et ceci jusqu'à la nuit suivante.
A défaut de vase, elles se cacheront sous les galets.
Elles vont ainsi remonter l'estuaire de deux à six kilomètres par nuit, si rien ne les en empêche.
Ce faisant, elles vont continuer à évoluer.
Au bout d'une semaine, elles vont commencer à se pigmenter. Elles vont devenir jaunes puis plus foncées.
Leurs branchies vont s'organiser et se recourber, leur système circulatoire va se complexifier.
Leur estomac va apparaître et lorsqu'elles vont se trouver en eau plus douce, c'est le rein, organe indispensable, qui va grandement se développer sous l'arc vertébral.
Si la température, qui au départ de la vasière était de 8 à 9 degrés, monte alors dans la rivière à 12 ou 13 degrés, c'est la grande joie dans la troupe migratoire dont toutes les activités biologiques vont progresser à toute allure.
Une vessie natatoire va apparaître sous le rein leur permettant, au fur et à mesure qu'elles pénètrent dans l'eau douce, d'être plus légères, moins denses, donc d'améliorer leur nage et de la rendre plus efficace.
Nos pibales vont chercher, de nuit, leur chemin pour gagner les eaux continentales.
Malheureusement, ce n'est qu'une minorité qui va pouvoir y arriver.
Les plus chanceuses vont devenir de véritables anguillettes au bout de quelques mois et continuer à remonter les rivières (de 6 à 15 grammes pièce au 1er de l'an, moins d'un an après leur départ).
Quant aux autres, beaucoup d'entre elles se seront égarées, trompées de chemin et restées dans les canaux maritimes sans issues devant des vannages désespérément clos.
Beaucoup seront victimes de prédateurs (animaux et humains).
D'autres survivront, mais n'ayant pas atteint l'eau douce, resteront en eau saumâtre laquelle ne leur permettra pas un développement organique normal.
Cela donnera des anguilles naines vite argentées, soit de sexe mâle, soit des stériles, mais peu de femelles capables de reproduire (j'ai trouvé des pibales argentées de 3 grs pièce).
Cette constatation de l'existence d'une grosse majorité de sujets de sexe mâle est à rapprocher du même phénomène perçu par les chercheurs japonais (H. Tanaka) au cours de la reproduction par injection d'hormones.
La fraye des anguilles à l'Ile d'Oléron en avril 2011 :
En 2011, j'ai cessé mon activité de recherches piscicoles, suite à la dégradation de ma santé physique :
91 ans, cela commence à peser sérieusement.
Mais il n'empêche que j'ai gardé un œil sur le comportement des anguilles.
Bien m'en a pris.
L'hiver 2010/2011 fut très sec à part novembre.
Il s'est déroulé pour la côte atlantique française dans une situation anticyclonique quasi permanente, d'où un nombre important de gelées matinales, un climat sec, froid le matin, ensoleillé l'après-midi. La température de l'eau de mer du mois d'avril a été particulièrement élevée. Elle est vite montée à 19 degrés, puis 20 et 21° l'après-midi sur la côte charentaise, voire 22° début mai.
Alors que la pêche à l'anguille de mer était devenue quasiment nulle, il a été remarqué par des pêcheurs du secteur, quelque peu braconniers, des rassemblements anormaux d'anguilles dans certains chenaux marins, appelés localement des « achenaux ».
Ces rassemblements hors saison furent découverts dans quelques sites de chenaux marins ravitaillant les claires de l'Ile d'Oléron (côté continental) – anciens marais salants.
Ces courants proviennent en général du Pertuis d'Antioche situé entre Ré et Oléron, d'une profondeur d'une trentaine de mètres, et donc charriant de l'eau à forte salinité.
Ces « achenaux » longent la côte de l'Ile d'Oléron puis pénètrent dans les marais face à l'embouchure de la Charente. Ils serpentent entre les claires et ne reçoivent aucun apport d'eau douce.
A l'intérieur donc de l'Ile d'Oléron, en avril 2011, leur salinité était de l'ordre de 35 grammes de sel au litre avec une température atteignant 20 puis 21 et 22 degrés l'après-midi et surtout en morte eau.
C'est là, dans ces fosses de chenaux marins, peu profondes, que furent détectés de forts rassemblements nocturnes d'anguilles de toutes tailles dès fin mars, début avril 2011.
En cette période de disette d'anguilles, ce phénomène fut remarqué par les plus observateurs des pêcheurs. L'un d'eux ne tarda pas à y jeter son verveux – le verveux étant un vaste filet en entonnoir, muni à l'entrée de plusieurs goulets successifs permettant à l'aguille de s'y engouffrer mais non d'en ressortir.
Il se trouve que je sus que ce pêcheur captura au verveux tendu et laissé sur place trois marées de suite en morte eau début avril, 150 kilos d'anguilles de toutes tailles, jusqu'à 2 kilos pièce et en fin de mois d'avril, à la deuxième morte eau, exactement 135 kilos.
La vente en l'occurrence se réalisa à des grossistes ou des restaurateurs, au prix de gros de 10 € le kilo (contre 16 à 18 € au détail).
Une telle prise représente pour un petit pêcheur, un pactole de l'ordre de 1500 €.
Mais comme ces prises se font dans un lieu théoriquement protégé, elles sont illégales et se déroulent de façon très discrète.
De ce fait, je n'ai pas pu avoir l'occasion comme je le désirais d'acheter quelques kilos de ces anguilles pour les autopsier.
Pour moi, il ne fait aucun doute ; de tels rassemblements nocturnes dans ces canaux, à morte eau, ne peuvent être que des frayes d'anguilles.
Des frayes collectives complètement décalées en saison. Elles ont habituellement lieu en juillet/août par forte chaleur et leur localisation est connue depuis longtemps par quelques aficionados.
Mais cette année, en avril 2011, la température de l'eau a dépassé 20 degrés Celsius – et la température de la vase est toujours plus élevée.
Or, c'est la température qui déclenche la fraye des anguilles. Celle-ci a eu lieu pendant tout le mois d'avril avec trois mois d'avance sur la saison habituelle comme chez les huîtres.
J'aurais bien entendu voulu confirmer l'existence de ces frayes par des autopsies qui m'eussent montré des gonades mâles et femelles en pleine activité.
N'étant pas sur place et ne pouvant agir que par des intermédiaires, je n'ai pu jouir de la confiance de pêcheurs plus ou moins braconniers qui craignent toujours une dénonciation qui leur serait très coûteuse.
Mais ces deux pêches, dont j'ai eu vent et qui m'ont été confirmées, sont pour moi une nouvelle preuve que l'anguille fraye sur nos côtes, en eau très salée et par une température de plus de 20 degrés C et non pas dans la mer des Sargasses !
Quant à leur lieu exact, je n'ai pas l'intention de le dévoiler – par solidarité avec mes « sources ».
Reste qu'il est important d'apprendre que ces « pêches miraculeuses » ont lieu en morte eau, dans une région où le coefficient de grande marée est très fort. Quelle en est la raison ?
D'abord côté pêcheur :
Lors d'un fort coefficient, le courant est tel qu'il emporterait le fameux verveux et l'emmêlerait de façon inextricable.
Du côté anguilles :
Celles-ci recherchent une température relativement élevée. La forte marée amène de l'eau du large plus froide que celle réchauffée sur les vasières côtières. Pour frayer, elles choisissent donc la morte eau pour avoir une eau plus chaude en toute tranquillité et plus exactement, les deux ou trois premières marées de remontée du coefficient.
De ces observations concernant les lieux de ponte et de fécondation, il ne faudrait surtout pas en conclure que les anguilles choisissent uniquement ces chenaux pour leur reproduction.
Elles recherchent :
- Une salinité
- Une température
- Un lieu calme avec faible courant
- Et une vase molle et nutritive
Il se trouve que près de Marennes, ce sont ces chenaux ravitailleurs en eau salée des anciens marais salants, qui leur apportent ces paramètres.
Dans l'Ile de Ré, côté Pertuis Breton, le système hydraulique est assez similaire à celui de l'Ile d'Oléron.
J'ai tout lieu de penser – par analogie – que des frayes d'anguilles existent dans la Fosse de Loix et le Fiers d'Ars recevant l'eau salée du Pertuis Breton par la Pointe du Fiers et se prolongeant par les « chenaux des villages » et divers autres chenaux adjacents.
Je n'ai pas d'informations contrôlées dans cette région. J'espère que des plus jeunes que moi étudieront sur place ces données.
Quant à la Baie de l'Aiguillon, dernier refuge des anguilles en voie de disparition, il apparaît que les lieux de fraye doivent être situés vers la sortie de la baie, près des bouchots de moules, vers la pointe d'Arçay, la pointe de l'Aiguillon et la pointe St Clément. C'est dans ce secteur qu'apparaissent les premières pibales émergentes.
Là aussi des recherches pourraient être faites pour plus de précision. Elles pourraient être facilitées par les écrans électroniques, les sonars dont sont à présent munis tous les bateaux de pêche et permettraient d'observer les fonds des courauds avec beaucoup d'acuité.
Dans d'autres secteurs côtiers, à topographie et géologie différentes, ce seront d'autres sites qui seront choisis.
Ainsi, en Bretagne, sur les côtes de la Manche, ce sera dans la filière (cours marin de la rivière à son embouchure) à la sortie des falaises encaissant le cours d'eau douce dans les premières vasières du « bouchon vaseux ».
C'est le cas du Gouessant en la commune de Morieux, dans le fond de la baie de St Brieuc (exactement entre la Grand Ville et St Maurice).
En Méditerranée où la marée est très faible, la fraye ne peut avoir lieu que passé le goulet de communication de l'étang saumâtre côtier avec la mer et dans ces vasières épaisses, que l'on distingue très bien lorsqu'on est dans un de ces petits avions qui survolent la frange côtière.
Il faut aussi garder à l'esprit, que les limites de température, de salinité, et de taux d'oxygène, peuvent varier légèrement selon les souches d'anguilles étudiées, lesquelles en Europe sont multiples.
En fait, tout montre que les anguilles européennes frayent dans la zone de ces estuaires marins de nos fleuves et rivières.
Mais pour détecter ces lieux exacts de fraye, il faut travailler, non pas cloîtré dans un laboratoire, mais sur les lieux, avec les pêcheurs, et de préférence les braconniers qui sont en général les meilleurs pêcheurs et surtout ceux qui connaissent le mieux la nature et le comportement du poisson étudié même s'ils ne peuvent l'expliquer comme un biologiste – c'est l'association biologiste et braconnier qui est la plus féconde.
Voilà mes principaux arguments pratiques et de terrain qui m'ont amené à avoir la certitude de l'existence par temps chaud de frayères d'anguilles sur les côtes françaises de l'Atlantique et de la Manche.
Je soumets ces arguments à la critique pour vérifier leur valeur.
Lorsque je constate de très gros rassemblements d'anguilles de toutes tailles et des deux sexes dans un chenal, comment en déduire qu'il s'agit d'un rassemblement sexuel et non d'une simple réunion locale, de but alimentaire par exemple ?
La question est intéressante et je dois y répondre.
Eh bien, il y a une réponse à ce questionnement et je la fournis.
Lorsque le verveux est tendu, le premier soir, il va en général capturer quelques anguilles, souvent des petites, mâles et femelles à gonades non développées.
Pendant toute la marée, les anguilles prises au piège et affolées vont se débattre, chercher partout une échappatoire, entrer leur museau dans chaque maille pour essayer de sortir.
Une telle agitation n'échappe pas aux prédateurs, notamment aux crabes – qui voudraient bien envahir le verveux pour attaquer les anguilles. Mais celles-ci sont encore trop fortes et tiennent tête à cette armée de crabes verts qui deviennent de plus en plus arrogants.
Si le pêcheur ne relève pas son filet à la marée basse et le laisse encore une ou deux marées en place, les anguilles prisonnières vont être de plus en plus apeurées et affaiblies.
Aussi, aucune capture supplémentaire n'aura lieu car les prisonnières, épouvantées par leur situation, émettent un signal, vraisemblablement olfactif que nous, humains, ne détectons pas, mais que toutes les anguilles connaissent, et les prédateurs du genre crabes aussi.
Il en ressort, que si le filet reste en place, aucune autre anguille ne s'y fera prendre. Quant aux crabes, ils vont être de plus en plus nombreux, et vont finir par attaquer, tuer et manger les anguilles ou du moins, bien les abîmer.
Pour que le filet redevienne pêchant, il faudra le vider, le nettoyer, le laver et le sécher afin de lui enlever toute cette odeur de peur et de mort qui fait fuir les anguilles.
C'est là un fait bien connu des pêcheurs.
Or, dans le cas cité de rassemblements d'anguilles de l'Ile d'Oléron, j'ai noté que le pêcheur a laissé son verveux en place trois marées de suite, et que celui-ci était plein d'anguilles jusqu'au premier goulet.
Que s'est-il donc passé pour que les anguilles continuent à se faire prendre au même endroit pendant trois marées de suite, elles qui sont si méfiantes ?
Ma réponse est la suivante :
C'est qu'il ne s'agit pas d'une simple réunion à but touristique ou alimentaire, mais bien d'une réunion à caractère sexuel, une frayère, un lieu de ponte !
Et alors là, dans ce cas, rien ne compte plus d'autre que le sexe et l'instinct de reproduction.
Les crabes eux-mêmes, devant le nombre d'anguilles et leur comportement, prennent peur et quittent les lieux. C'est cela qui distingue un banal rassemblement d'une frayère !
L'instinct de reproduction, sur notre planète, maintient la vie d'une espèce parce qu'il est plus fort que tout et c'est cette faculté, ce comportement qui peuvent permettre d'affirmer que les concentrations citées à l'Ile d'Oléron en avril 2011 étaient bien des frayères et pas autre chose !
C. Q. F. D.
Voilà en gros le résumé de la reproduction de l'anguille et de sa vie larvaire.
Rien à voir bien sûr, avec le roman impossible de la mer des Sargasses !
L’auteur : Roland Bellet
N° 4-0110 – Terriers d’anguilles dans la vase d’une « claire » de Marennes desquels on a vu les habitantes sortir lors de la mise à sec complète alors que cet habitat n'est jamais signalé dans les livres spécifiques.
L’ouvrage entier du Dr Bellet étudie et décrit bien d’autres aspects de la vie de l’anguille.
Il touche à sa pathologie actuelle, à la prédation exercée contre elle, à sa raréfaction inquiétante. Celle-ci a mis une quinzaine d’années pour se manifester, durée de vie approximative et complète de l’anguille, de la ponte de l’œuf à la reproduction du nouveau-né.
Il propose des solutions, envisage un accroissement de son élevage et la maîtrise future de sa reproduction ainsi qu’une lutte contre les pathologies parasitaires et infectieuses nombreuses.
Pour la sauvegarde de l’espèce, il évoque la nécessité de doter les vannages côtiers des canaux, d’une trappe ouverte (comme une chatière) pour permettre la migration des poissons dans les deux sens, ceci sans porter préjudice à l’agriculture.
Il réclame l’interdiction du chalutage des pibales dans les estuaires, pratique fatale à la survie de l’espèce.
Agrémenté de nombreuses photos en couleur (six cent trente huit exactement), cet ouvrage se déroule en quelques 940 pages groupées en trois tomes.
Cette étude, non commercialisée, rééditée à frais d’auteur, pourra être envoyée gracieusement aux spécialistes de l’anguille, sur leur demande, qu’ils soient des scientifiques ou des professionnels du secteur ou encore des responsables de l’administration intéressée – ceci dans la limite des disponibilités.