Cette étude m’a amené à confirmer que la thèse officiellement admise de Schmidt est fausse et sans fondement.
Cette dernière considère que la reproduction des anguilles européennes (Anguilla Anguilla) et américaines (Anguilla Rostrata) a lieu conjointement dans la mer des Sargasses, ce qui me paraît matériellement impossible.
Pour moi, les leptocéphales recueillis dans la mer des Sargasses par Schmidt vers 1920 et plus tard, étaient en majorité des larves erratiques d’anguilles tropicales, et particulièrement des anguilles dites de Cuba – plus petites que les nôtres.
Ces larves avaient comme lieu d’origine majoritaire les mangroves des côtes de Cuba, de Floride et du Golfe du Mexique.
Elles avaient été amenées dans ce vaste tourbillon des Sargasses par les cyclones de fin d’été, habituels dans ces régions, comme les jeunes tortues venant des côtes de la Floride – après éclosion dans les dunes côtières.
J’ai la certitude qu’il est impossible aux anguilles reproductrices d’Europe ou d’Amérique du Nord de traverser l’océan Atlantique – pour des raisons de distance, de température, de pression et de la physiologie même de ces poissons (valve branchiale).
J’ai aussi la conviction que les larves, sous forme de leptocéphales, seraient incapables de faire la traversée de l’Atlantique, en sens inverse (Ouest – Est), que ce soit en surface, ou en profondeur.
J’en ai donné les diverses raisons (nageoires rudimentaires, nage réduite en position exclusivement verticale, pas de sang, pas de branchies, pas de vessie natatoire).
De plus, un tel voyage n’aurait biologiquement aucune raison d’être, aucun sens.
Adopter, et soutenir la théorie des Sargasses me semble une absurdité, et je ne crains pas de le dire, et de l’écrire – malgré le tabou de la majorité des scientifiques officiels spécialisés, toujours obnubilés par l’hypothèse de Schmidt.
Parmi les autres grosses erreurs éditées et enseignées, je relève les suivantes :
– Contrairement à ce qui est habituellement écrit, l’anguille européenne n’est pas un poisson pélagique, c'est-à-dire un poisson de haute mer. Elle ne l’est ni sous sa forme larvaire ni sous sa forme adulte. C’est au contraire un poisson benthique, un poisson de fond et plus particulièrement un poisson très lucifuge de vasières.
– La seule migration qu’il effectue est une migration de la zone côtière, vers l’amont des fleuves et rivières d’eau douce du continent puis la dévalaison lors de son retour à la côte.
Ce séjour de plusieurs années en eau douce tempérée, lui permet une forte croissance physique, accroît sa longévité et retarde sa maturité sexuelle.
L’anguille adulte argentée revenue en mer séjourne à l’embouchure de son estuaire de rivière ou de fleuve et ne va pas en haute mer.
Elle y vit essentiellement dans la zone du bouchon vaseux qui s’y trouve, zone éminemment riche en éléments nutritifs (comme les mangroves en milieu tropical) du fait de la floculation des éléments minéraux et de la nécromasse, phénomène dû à la rencontre des deux masses d’eau, salée et douce, provoquant une formidable mortalité du plancton (zoo et phyto) et une réaction physico-chimique déclenchant un précipité des éléments minéraux.
Après avoir passé un hiver en eau saumâtre, la plupart des anguilles (mais pas toutes, loin s’en faut) s’apprêtent à la reproduction lors de l’élévation de la température vers 20 degrés Celsius et plus en été.
C’est celle-ci qui va activer la production des hormones sexuelles, lesquelles vont provoquer un rapide et important développement des gonades.
Comme chez la plupart des poissons, leur croissance et leur évolution se réalisent très rapidement (autour de trois semaines) mais elles peuvent s’arrêter net si la température est trop basse et ainsi sauter une année.
Il faut aussi que la salinité moyenne de l’eau submergeant la vase recherchée par les anguilles fasse 32 à 35 grammes pour 1000 (30 grammes me semble être l’extrême limite basse).
Je parle des anguilles de la côte atlantique car chaque espèce d’anguilles comprend plusieurs souches quelque peu différentes.
Si tout se déroule normalement, les femelles vont quitter le fond du « couraud » qu’elles occupaient pour aller sur les vasières latérales en zone plus salée.
Elles vont y creuser leurs terriers, si ce n’est déjà fait et vont y recevoir les jeunes et vieux mâles lesquels sont aussi en développement sexuel.
La ponte et la fécondation auront donc lieu de juillet à août selon la météo locale et seront d’autant plus importantes que la température de l’eau montera (idéal : 25° C).
Les œufs resteront enfoncés dans la vase très nutritive et les anguilles quitteront alors, après la ponte, les vasières pour déambuler dans et autour du « couraud » (ou « filière » en Bretagne) à la recherche de nourriture (crevettes, petits crabes, alevins…). Seules les plus âgées mourront (ce sont celles que rencontrent les marins côtiers par été chaud).
Après quelques semaines, les œufs fécondés puis embryonnés (très petits et très nombreux) écloront pour donner des larves minuscules (d’une longueur inférieure au millimètre) transparentes et qui resteront sur place.
Au bout de quelques semaines (3 à 4), à une température qui aura chuté (à 20 puis à 15° C en octobre), celles ci deviendront des leptocéphales bien cachés dans les profondeurs des vasières plus chaudes que l’eau et surtout sans grosse variation thermique et inaccessibles pour l’homme, d’où le mystère apparent du leptocéphale.
Le leptocéphale
Personnellement j’ai d’abord observé des leptocéphales en photographie.
Je me base pour les décrire sur les exposés qui ont été faits par divers chercheurs scientifiques sur des individus isolés, récoltés dans l’océan Atlantique, lesquels me paraissent n’être que des éléments égarés et emportés par les courants marins ou obtenus en aquarium d’eau salée et chauffée après injection d’hormones sexuelles.
Je relève les principales précisions apportées concernant ces larves :
– leurs nageoires impaires sont rudimentaires,
– le fait que les leptocéphales ne peuvent se déplacer que verticalement et non de façon longitudinale (à cause du seul développement des pectorales pédonculées et à mouvement rotatif),
– leur vue est très restreinte et seulement nocturne (récepteurs rétiniens en bâtonnets),
– l’absence de système circulatoire donc de sang et d’hémoglobine,
– l’absence d’organisation cellulaire du corps au profit d’un magma mucilagineux (donc peu de musculature ambulatoire),
– la présence de quelques dents dirigées vers l’avant et formées en genre de pioches,
– le tube digestif simple mais produisant de la trypsine, donc apte à digérer les protéines ingérées,
– l’absence de système respiratoire remplacé par une respiration transcutanée très primitive et toute simple, laquelle persistera chez la pibale puis ensuite chez l’anguille adulte en fonctionnant de pair avec la respiration branchiale.
Toutes ces constatations anatomiques et physiologiques m’amènent à des conclusions tout à fait opposées à la thèse de Schmidt dite des Sargasses, laquelle a été reprise et acceptée par tout le corps scientifique spécialisé international occidental.
Il est évident, et toutes ces constatations le prouvent d’une façon très nette, que cette larve serait absolument incapable de tracer sa route maritime du centre de la mer tropicale des Sargasses jusqu’à La Rochelle et ses environs, soit sur une distance d’environ 8000 kms !
J’en conclus donc, que les larves issues des œufs fécondés de l’anguille déposés dans sa caverne vaseuse, sur les bords du « couraud » ou « filière », restent sur place. Elles sont enfouies dans cette vase très nutritive du « bouchon vaseux ».
La nécromasse environnante servira de nourriture dominante aux larves leptocéphales, qui en décrocheront grâce à leurs dents pointues et dirigées en dehors de la bouche, des particules dont elles absorberont les éléments organiques et minéraux et en utiliseront la fraction digestible (ce sont des détritivores).
Ce leptocéphale va décider de naître de son œuf vers la fin septembre, voire tout début octobre.
Dès ce moment, démarrant d’une taille minuscule, il est à peu près invisible, notamment dans la vase noire déposée dans les bancs qui se situent assez loin en mer (quelques 3 à 4 kms de l’embouchure sur les côtes plates).
Les leptocéphales seront donc présents au large des côtes, dans les vasières, soit découvrant à peine à basse mer, soit ne découvrant pas du tout. Au départ, ils ne font guère plus d’un millimètre.
En fin octobre, par temps doux, ils font à peine 2 millimètres. C’est à cette époque que j’ai trouvé mon premier leptocéphale au cours d’un examen microscopique d’algues filamenteuses avec grossissement de l’oculaire de 10X et d’objectif également 10X.
La vivacité de l’animal, l’excès d’eau que j’avais sur ma lame, ne m’ont pas permis de l’observer longuement ni de le photographier. Mais il était très net.
Si je n’ai pas vu la partie antérieure du corps qui était déjà sortie du champ microscopique, j’ai parfaitement vu la partie postérieure :
– Queue avec petite nageoire rouge orange battant vivement de façon ondulatoire, pas de vaisseaux sanguins, pas de vertèbres, mais une structure anguilliforme, un intérieur du corps gris (semblant de structure chevronnée), une ondulation permanente et très forte.
On peut conclure de cette présence et de cette description sommaire mais réelle, qu’il s’agissait d’un leptocéphale et non d’un petit nématode qui ne possède pas ce genre de mouvement ondulatoire et qui n’est pas transparent.
Alors, d’où provenait ce leptocéphale ?
La réponse est simple, il venait de la reproduction d’une de mes anguilles.
Si par cas et malgré le filtre très fin dont est dotée la vanne il venait de l’extérieur, ce ne serait pas de la mer des Sargasses mais d’un canal de Marennes.
Il était trop petit et trop jeune pour pu avoir traverser l’Atlantique.
Ce fait réel est la preuve que le leptocéphale est bien né sur place dans la claire.
Ce qui peut limiter au maximum la reproduction de mes anguilles, c’est seulement la variabilité de la salinité qui doit être un inconvénient grave pour la reproduction. C’est vraisemblablement le gros défaut de mon système de claire expérimentale.
Le fait reconnu que les leptocéphales aient un niveau osmotique très proche de celui de l’eau de mer explique le besoin de se développer en eau salée.
En réalité, au bout du premier printemps, le leptocéphale commence juste à avoir une bonne croissance. Cela va perdurer jusqu’en fin septembre et ce n’est que la deuxième année, soit au second printemps et été que la larve va subir un gros développement.
Alors, au deuxième automne, elle pourra, mesurant une dizaine de centimètres de long, se développer vers la forme et la physiologie d’une pibale, donc in fine d’une véritable anguille.
De toute cette étude sur le terrain, c'est-à-dire dans l’eau boueuse, dans la vase, en mer, sur les côtes, deux faits ressortent avec beaucoup d’acuité :
1) Le premier, datant du début août 2006 (les 4 et 5 août), m’a donné l’occasion d’autopsier quatre anguilles ayant récemment pondu et m’ayant permis de voir dans leur cavité abdominale, quelques œufs non évacués et œdémateux, donc beaucoup plus gros que des œufs pondus normalement.
A titre de comparaison, chez la truite dont nous connaissons beaucoup mieux la physiologie que celle de l’anguille, il est courant de détecter chez la femelle qui vient de pondre, quelques œufs non évacués qui restent dans la cavité abdominale quelque temps.
Ces œufs sont œdémateux et finissent par être totalement résorbés.
Les pisciculteurs qui font de la reproduction connaissent tous cette particularité.
Par conséquent, trouver quelques œufs non évacués dans l’abdomen de l’anguille est la preuve formelle et non discutable d’une ponte récente.
Donc je peux affirmer que les anguilles pondent au fond de leurs terriers dans les vasières de la côte.
C’est un fait prouvé.
2) J’ai trouvé dans notre claire expérimentale, à Marennes, sur des vasières, un leptocéphale très jeune pêché le 30 octobre 2009, dans un prélèvement d’eau réalisé dans une bouteille de plastique avec des algues et examiné le samedi 31 octobre à 16 heures.
Ce leptocéphale, jeune et sauvage, est la seconde preuve que, pour ce qui est de l’anguille de l’Atlantique, la reproduction se fait sur les côtes charentaises et que la naissance des leptocéphales a lieu vers la fin septembre.
Rien à voir avec la mer des Sargasses dans laquelle, malgré toutes les recherches, il n’a jamais été trouvé ni anguille, ni pibale, ni un seul œuf d’anguille.
On peut avoir d’autres avis sur la reproduction de l’anguille, mais on ne peut mettre en doute les deux observations citées et que je rappelle.
– La présence d’anguilles qui viennent de pondre sur les côtes charentaises
– La trouvaille d’un premier leptocéphale, jeune et sauvage, dans une claire contenant une centaine d’anguilles reproductrices
De telles observations devraient pour le moins donner à réfléchir même au plus conservateur des chercheurs.
D’autre part, on ne s’étonnera pas que le leptocéphale demande une forte salinité puisqu’il a été démontré que sa composition osmotique est très proche de celle de l’eau de mer – ce qui lui permet de vivre dans des conditions difficiles sans perte exagérée d’énergie – or l’énergie sur terre et dans l’Univers est le gros problème de l’être vivant.
La pibale
Au bout d’un an et demi à deux ans, cette larve leptocéphale, toujours enfouie dans sa vasière, en toute discrétion, et n’ayant que très peu bougé par rapport au lieu de ponte, va se livrer à une nouvelle métamorphose, laquelle durera environ un mois, dans l’immobilité.
Pour fixer les idées dans le temps, prenons le cas des anguilles de la côte Ouest atlantique. Elles vont pondre début août 2008.
L’éclosion des œufs aura lieu en septembre 2008.
D’octobre 2008 à août 2009, les leptocéphales, petits et vigoureux, vont se développer dans les algues de l’intérieur des vasières sur la côte dans une eau à plus de 30 grammes de salinité pour 1000.
Vers le mois de septembre 2010, la métamorphose va commencer pour se prolonger jusqu’à la fin d’octobre 2010.
Dès lors, commenceront d’apparaître les premières pibales qui poursuivront leur transformation.
Mais le calendrier est très élastique et peut s’échelonner d’octobre sur les côtes marocaines, à avril en Vendée, et en juin dans La Manche.
Cette métamorphose représente une grosse transformation anatomique, morphologique et physiologique, de larve rubanée en larve cylindrique serpentiforme. La forme rubanée permet à la première larve de mieux pénétrer la vase liquide. La forme cylindrique donne à la seconde la force musculaire pour favoriser ses déplacements à contre courant.
Seule la queue n’est pas touchée par cette métamorphose, elle reste structurée sur un plan vertical.
Tout le reste du corps est transformé. Il prend une organisation cellulaire supérieure. Le système digestif se modifie.
Les dents pioches tombent et sont remplacées par des bourgeons qui donneront plus tard les dents en aiguilles de l’anguille.
Les récepteurs de la rétine, qui au stade leptocéphale étaient composés uniquement de cellules en bâtonnets qui faisaient du leptocéphale un pur nyctalope, sont remplacés par des cellules en cônes donnant une meilleure vision diurne.
Les nageoires de rudimentaires deviennent fonctionnelles et permettent à la nouvelle larve, cette fois, de migrer grâce à une nage énergique et horizontale.
L’appareil circulatoire se met en place et l’on distingue à travers un corps encore transparent, un cœur qui bat au rythme de 36 pulsations à la minute et une artère longitudinale qui bientôt véhiculera du sang et des hématies avec de l’hémoglobine. On verra aussi des capillaires et enfin une veine accolée à l’artère principale.
Cette présence d’hémoglobine permettra l’apparition d’un système respiratoire branchial, lequel demandera quelques mois pour se développer complètement.
Il faut noter toutefois que le mode respiratoire primitif transcutané persistera, y compris au stade adulte, ce qui fera de l’anguille un être presque amphibien car capable de vivre momentanément hors d’eau, en milieu humide et frais.
Il n’est d’ailleurs pas impossible que la respiration transcutanée qui persiste continuellement concerne davantage la musculation dorsale et caudale tandis que la respiration branchiale s’adressera plutôt aux organes abdominaux (foie, rate, pancréas, intestin, organes sexuels).
Parallèlement, un système nerveux complexe et décentralisé s’installera permettant à la jeune anguille, non seulement de se déplacer mais surtout de prendre conscience du monde extérieur pour mieux assurer sa survie.
Au bout d’environ un mois, alors que le corps de la pibale est toujours transparent mais devenu cylindrique et doté de fortes nageoires, celle-ci va enfin sortir de sa vasière dans laquelle elle était cachée de la plupart des prédateurs dont l’homo sapiens.
Elle va descendre petit à petit les ruisselets qui se forment dans les vasières et les mizottes, à basse mer ou naviguer « à la vague » si elle a raté l’estuaire étroit comme dans les Landes.
De jour elle va de nouveau s’envaser et attendre la prochaine nuitée.
Elle va progressivement se retrouver avec un nombre croissant de compagnes issues des mêmes pontes et c’est finalement toute une colonie qui va atteindre le « couraud » principal.
Alors nombreuses, les pibales transparentes et juste émergées, vont former un long cordon composé de milliers d’individus. Ceux-ci sont guidés par la détection d’une eau saumâtre, moins salée que l’eau de mer.
De nuit, poussé par la marée montante, tout ce cordon grouillant de vie, émoustillé par le courant va bénéficier des toutes nouvelles nageoires des pibales et de leur énergie pour se ruer vers l’estuaire d’eau douce.
Ces pibales encore transparentes, prises d’une véritable frénésie vont nager de toute leur puissance vers l’embouchure du fleuve ou de la rivière d’où venaient leurs pères et mères.
Elles vont le faire selon la force du courant et donc de la marée à la vitesse de un à trois kilomètres / heure et ce, environ deux heures de suite.
Alors épuisées, elles s’arrêteront et toutes ensemble s’envaseront à quelques centimètres de profondeur et ceci jusqu’à la nuit suivante.
A défaut de vase, elles se cacheront sous les galets.
Elles vont ainsi remonter l’estuaire de deux à six kilomètres par nuit, si rien ne les en empêche.
Ce faisant, elles vont continuer à évoluer.
Au bout d’une semaine, elles vont commencer à se pigmenter. Elles vont devenir jaunes puis plus foncées.
Leurs branchies vont s’organiser et se recourber, leur système circulatoire va se complexifier.
Leur estomac va apparaître et lorsqu’elles vont se trouver en eau plus douce, c’est le rein, organe indispensable, qui va grandement se développer sous l’arc vertébral.
Si la température, qui au départ de la vasière était de 8 à 9 degrés, monte alors dans la rivière à 12 ou 13 degrés, c’est la grande joie dans la troupe migratoire dont toutes les activités biologiques vont progresser à toute allure.
Une vessie natatoire va apparaître sous le rein leur permettant, au fur et à mesure qu’elles pénètrent dans l’eau douce, d’être plus légères, moins denses, donc d’améliorer leur nage et de la rendre plus efficace.
Nos pibales vont chercher, de nuit, leur chemin pour gagner les eaux continentales.
Malheureusement, ce n’est qu’une minorité qui va pouvoir y arriver.
Les plus chanceuses vont devenir de véritables anguillettes au bout de quelques mois et continuer à remonter les rivières (de 6 à 15 grammes pièce au 1er de l’an, moins d’an après leur départ).
Quant aux autres, beaucoup d’entre elles se seront égarées, trompées de chemin et restées dans les canaux maritimes sans issues devant des vannages désespérément clos.
Beaucoup seront victimes de prédateurs (animaux et humains).
D’autres survivront, mais n’ayant pas atteint l’eau douce, resteront en eau saumâtre laquelle ne leur permettra pas un développement organique normal.
Cela donnera des anguilles naines vite argentées, soit de sexe mâle, soit des stériles, mais peu de femelles capables de reproduire (j’ai trouvé des pibales argentées de 3g pièce).
Voilà en gros le résumé de la reproduction de l’anguille et de sa vie larvaire.
Rien à voir bien sûr, avec le roman impossible de la mer des Sargasses !
L’auteur : Roland Bellet
N° 4-0110 – Terriers d’anguilles dans la vase d’une « claire » de Marennes desquels on a vu les habitantes sortir lors de la mise à sec complète.
L’ouvrage entier du Dr Bellet étudie et décrit bien d’autres aspects de la vie de l’anguille.
Il touche à sa pathologie actuelle, à la prédation exercée contre elle, à sa raréfaction inquiétante. Celle-ci a mis une quinzaine d’années pour se manifester, durée de vie approximative et complète de l’anguille, de la ponte de l’œuf à la reproduction du nouveau-né.
Il propose des solutions, envisage un accroissement de son élevage et la maîtrise future de sa reproduction ainsi qu’une lutte contre les pathologies parasitaires et infectieuses nombreuses.
Pour la sauvegarde de l’espèce, il évoque la nécessité de doter les vannages côtiers des canaux, d’une trappe ouverte (comme une chatière) pour permettre la migration des poissons dans les deux sens, ceci sans porter préjudice à l’agriculture.
Il réclame l’interdiction du chalutage des pibales dans les estuaires, pratique fatale à la survie de l’espèce.
Agrémenté de nombreuses photos en couleur (six cent trente huit exactement), cet ouvrage se déroule en quelques 940 pages groupées en trois tomes.
Cette étude, non commercialisée, rééditée à frais d’auteur, pourra être envoyée gracieusement aux spécialistes de l’anguille, sur leur demande, qu’ils soient des scientifiques ou des professionnels du secteur ou encore des responsables de l’administration intéressée – ceci dans la limite des disponibilités.